Vérifier ses mails moins souvent réduirait le stress

Gestion du stress

Stress et email

En moyenne, un employé de bureau vérifie ses emails 13 fois par jour. Dans le monde, ce sont 183 milliards de mails qui s’échangent quotidiennement. Quel est l’effet de ce trafic sur nos cerveaux? 

Des psychologues canadiens ont étudié l’impact des innombrables séances de vérification d’email, auxquelles se livrent les employés, sur leur bien-être et leur état de stress. Pour cela, ils ont demandé à 142 employés de se limiter à trois séances de vérification d’email par jour pendant une semaine. 

Des questionnaires de stress leur étaient distribués avant et après cette période de régime électronique. En répondant à des questions telles que : « Aujourd’hui, avez-vous eu souvent l’impression de ne pas vous en sortir avec toutes les tâches que vous aviez à faire », ou « Avez-vous ressenti de l’énervement ou de la colère face à des situations que vous ne maîtrisiez pas », les employés ont alors livré un message clair : le niveau de stress a fortement diminué après la semaine d’abstinence. De manière concomitante, les employés étaient plus productifs et satisfaits de leur travail. 

Le stress du mail résulterait de plusieurs effets : d’une part, le sentiment de ne plus savoir où donner de la tête, d’autre part la difficulté de refocaliser son attention sur le travail en cours après en avoir été temporairement distrait (ce qui allonge le temps de réalisation de la tâche interrompue) et enfin le ralentissement dans la progression des tâches de la journée qui se conclut effectivement par un sentiment de retard global. 

Face au stress numérique, une hygiène s’impose. La limitation des séances de mail s’apparente à une règle de conduite alimentaire : éviter de grignoter et se ménager des temps dédiés à cette activité. Sans sombrer dans la boulimie, car des cycles d’addiction sont possibles : quand on a pris du retard dans son travail, pourquoi ne pas se distraire en consultant ses mails ? 

K. Kushlev et E. W. Dunn, in Computers in Human Behavior, vol. 43, pp. 220-228, 2015.

Posted on January 6, 2016 and filed under Formation.